Category: Industrialisation & Transfert de technologie

Interview de Camille VERCHERY par Le MOCI, Regard sur la Chine d’aujourd’hui : Défis, Perspectives et Opportunités pour les Entreprises Européennes

Interview de Camille VERCHERY par Le MOCI, Regard sur la Chine d’aujourd’hui : Défis, Perspectives et Opportunités pour les Entreprises Européennes

Dans un contexte de turbulences économiques et de tensions géopolitiques, la Chine traverse une période de transition majeure. En parallèle, le “China bashing”, phénomène récent dans les médias français, contribue à alimenter une perception négative, parfois caricaturale, du pays. Camille Verchery, fondateur et dirigeant de VVR International, partage son analyse exclusive avec le MOCI, offrant un éclairage précieux sur la situation actuelle.

Retrouvez l’interview dans son intégralité sur le site internet du MOCI : ici

Changement de Perception : L’avant et l’après Covid

La Chine, autrefois considérée comme un eldorado économique, a été confrontée à une série de défis après l’avènement de la pandémie de Covid-19. Malgré un redémarrage économique rapide en 2020, la gestion autoritaire de la crise sanitaire jusqu’en 2022 a semé le doute quant à sa capacité à se relever. La montée des tensions sino-américaines et les répercussions internationales ont également contribué à cette atmosphère d’incertitude. Néanmoins la croissance reprend et les investissements étrangers ont atteint des niveaux record en 2021.

Tensions et Défis Économiques

Le choc des prix des conteneurs et l’effondrement de la consommation intérieure ont accentué les difficultés économiques de la Chine. Face à la pression populaire, les autorités ont finalement dû assouplir leurs politiques sanitaires strictes entraînant une brusque montée des contaminations et des décès dû au COVID. Les répercussions sur l’économie étaient déjà palpables en 2023, avec des fermetures d’entreprises et une montée du chômage.

Opportunités de Réindustrialisation

Malgré ces défis, la Chine reste un marché dynamique et en pleine croissance. Les secteurs de l’énergie bas carbone (les batteries, l’hydrogène, le photovoltaïque), du médical et pharmaceutique, des cosmétiques et compléments alimentaires, ainsi que de l’alimentaire offrent des opportunités significatives pour les entreprises européennes, notamment françaises.

Le secteur médical et pharmaceutique, hautement scientifique, nécessite une harmonisation entre le développement commercial et les réglementations. En retard dans certains domaines thérapeutiques comme l’oncologie, la Chine a pour objectif de combler ses lacunes. Ces ambitions sont inscrites dans son plan quinquennal 2025-2030. La France, leader avec les États-Unis et le Royaume-Uni, bénéficie d’une réputation de pointe dans ces secteurs, ce qui attire l’attention des acteurs chinois. Contrairement aux États-Unis, la Chine facilite l’accès au marché une fois l’enregistrement du traitement obtenu, offrant ainsi un vaste marché potentiel pour les PME françaises innovantes.

Perspectives Positives et Potentiel de Partenariat

Progressivement, la perception négative de la Chine dans les médias français est en train d’évoluer, avec une prise de conscience croissante de son importance en tant que partenaire économique. Pour la réindustrialisation de la France, un partenariat avec la Chine est incontournable. Bien que des défis persistent, notamment en matière de réglementations et de relations internationales, les opportunités de croissance et de collaboration demeurent.

Dans un paysage économique en évolution rapide, la Chine reste un acteur central, offrant à la fois des défis et des opportunités pour les entreprises européennes désireuses d’explorer de nouveaux horizons commerciaux.

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“Mettre en place une organisation externalisée en Chine”, Interview Globallians de Camille Verchery,

Mettre en place une organisation externalisée en Chine”, Interview de Camille Verchery

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Voyage au cœur des villes chinoises clés pour les affaires

Voyage au cœur des villes chinoises clés pour les affaires

La Chine, avec sa croissance soutenue et son immense potentiel de marché, est devenue une destination prisée pour de nombreuses entreprises étrangères. Cependant, le territoire est vaste et chaque ville, avec ses particularités et ses opportunités, est un univers en soi. L’art de réussir en Chine réside non seulement dans la compréhension de sa culture et de son économie mais également dans le choix judicieux du lieu d’implantation en cohérence avec la stratégie et les objectifs visés. 

Les Piliers Économiques: Shanghai et Pékin

Shanghai: la Porte d’Entrée

Anciennement connu comme le “Paris de l’Est”, Shanghai est aujourd’hui au cœur de l’économie de la Chine. Cette métropole dynamique, en plus d’être un centre financier majeur, est un melting-pot culturel qui attire les talents du monde entier. Son importance en tant que hub commercial offre une multitude d’opportunités pour les entreprises étrangères, que ce soit dans le domaine de la finance, du commerce ou de la technologie. Une large part de sa population dispose d’un pouvoir d’achat important et de modes de vie compatibles avec la consommation de produits occidentaux. Shanghai est ainsi un marché de premier plan pour les entreprises étrangères dont l’intérêt stratégique est renforcé par le tissu industriel riche présent à proximité.

Pékin: le Cœur de la Nation

La splendeur de Pékin ne se limite pas à son patrimoine historique et architectural. En tant que capitale de la Chine, cette ville est le centre névralgique où se prennent les décisions politiques les plus importantes. Cette proximité avec le pouvoir est un atout pour les entreprises désireuses de nouer des relations étroites avec les régulateurs ou de comprendre les nuances des politiques gouvernementales. Elle est également une destination touristique prisée pour les étrangers mais surtout pour les chinois qui profitent de leurs congés pour passer quelques jours dans la capitale.  De plus, Pékin abrite un écosystème technologique en croissance, avec Zhongguancun souvent surnommé le “Silicon Valley de la Chine”. Entre les start-ups innovantes et les entreprises établies, les opportunités y sont vastes pour les entreprises étrangères.

Hubs d’Innovation: Shenzhen et Hangzhou

Shenzhen: l’Épicentre de l’Innovation

Jadis petit village de pêcheurs, Shenzhen est devenue une métropole mondiale d’innovation au cours des quatre dernières décennies. Elle accueille aujourd’hui des géants technologiques tels que Huawei et Tencent. L’atmosphère électrique de la ville, combinée à des politiques favorables aux entreprises et à une volonté d’innovation, en fait une destination de premier choix pour les start-ups et les entreprises technologiques étrangères. 

Hangzhou: le Berceau des Entrepreneurs

Située à une heure de train de Shanghai, Hangzhou, célèbre pour ses paysages pittoresques, est la ville où est né Alibaba, le géant du e-commerce. Ces dernières années, la ville a vu émerger un environnement entrepreneurial dynamique soutenu par des initiatives gouvernementales. Les zones de haute technologie de Hangzhou, telles que le parc scientifique et technologique de la vallée de la rivière Qiantang, offrent des avantages incitatifs pour les entreprises naissantes, et la présence de leaders du e-commerce offre de vastes opportunités de collaboration et d’intégration pour les entreprises étrangères.

Diversité et Potentiel: Guangzhou, Chengdu, et Tianjin

Guangzhou: Commercer avec le Monde

Guangzhou, une des plus anciennes villes commerciales de la Chine, reste un nœud commercial essentiel aujourd’hui, en particulier en termes d’import-export. Le Canton Fair, le plus grand salon commercial de Chine, attire chaque année des entreprises du monde entier. Avec un accès privilégié au Delta de la Rivière des Perles, un des principaux centres manufacturiers du monde, Guangzhou est stratégique pour les entreprises orientées vers la production et la distribution.

Chengdu: le Charme de l’Ouest

À l’opposé de l’effervescence des villes côtières se trouve Chengdu, la paisible capitale du Sichuan. Connue pour ses pandas et sa cuisine épicée, cette ville est aussi un hub technologique en devenir. Grâce à des politiques d’incitation gouvernementales, Chengdu attire à la fois des entreprises nationales et étrangères. Son positionnement stratégique en tant que porte d’entrée vers l’Ouest de la Chine la rend idéale pour les entreprises qui souhaitent se positionner sur ce marché en pleine expansion.

Tianjin: Industrialisation et Modernité

Proche de Pékin, Tianjin est un centre industriel majeur doté d’une infrastructure de pointe. Elle abrite plusieurs zones de développement économique et technologique, facilitant ainsi l’implantation d’entreprises étrangères. Tianjin est également une ville portuaire, facilitant la  logistique pour le commerce et l’exportation.

Conclusion: Vers Quelle Destination Se Diriger?

Bien qu’interconnectées entre elles et ouvertes sur l’ensemble du pays, chaque ville présente des atouts et des défis pour les entreprises souhaitant s’implanter en Chine. Le choix de la ville d’implantation doit être fait après une évaluation minutieuse des besoins de votre entreprise et des opportunités que chaque ville peut offrir. Que vous soyez attiré par le dynamisme de Shanghai, l’innovation à Shenzhen, ou le potentiel d’expansion à Chengdu, il est crucial d’aligner votre choix avec la vision à long terme de votre entreprise.

Mais il est aussi important de se rappeler que la Chine, bien au-delà de ses mégalopoles, regorge de villes secondaires fortement peuplées et en pleine croissance qui pourraient devenir les hubs de demain. L’analyse et l’élaboration d’une stratégie avec l’aide d’un expert ayant une connaissance fine de la géographie économique de la Chine comme VVR International peut etre une clé pour assurer un premier pas réussi dans le pays. 

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Interview of Irénée Robin, Managing Partner at VVR Medical, on Radio Television HK

[PODCAST] Medical innovations in China Mainland and HK : The opportunities for foreign companies

Irénée Robin, Managing Partner at VVR Medical was present during the third Asia Summit on Global Health, in Hong Kong which brought stakeholders from healthcare experts to renowned academia and influential business leaders to explore opportunities in the healthcare sector.

Irénée Robin was one of the speakers at a session focused on medical technology at the event. On this occasion, he was invited by Radio Television Hong Kong for an interview about opportunities in the healthcare sector in Mainland China and HK.

 

You can listen to the replay of this interview by following this link:

First of all, how healthy would you say the level of investments into the healthcare industry in Mainland China is?

In Mainland China I tend to think that it’s never enough […] but it is increasing and it’s refocusing. The Chinese government has made the health of their own population a priority that they want to address with their own solutions. This strategy is leading to the integration of the whole manufacturing line of every medical device, product, medicine that is needed. In the healthcare sector, the cheapest consumable to the highest end implant tends to be made in China by China, for the Chinese people. This integration will actually generate affordability and eventually decrease the amount of investment or the amount of money needed to take care of the people.

These market dynamics are observable mainly in the day-to-day problems of healthcare in China, but not necessarily in Innovation scope.

About innovation, what are the sort of innovations you’re talking about here and where do we stand with those and what needs to happen to make those go ahead?

Over the past 20 years, China has been very good at scaling up and enabling as many people as possible to have access to basic healthcare. […] During the pandemic, especially the early stage, we saw a few of returnees having spent between 10 and 20 years in Europe or in the US, coming back to China to bring overseas innovation and trying to incubate it in China as well. Now the innovation mindset and spirit is strongly on the rise in China. A growing number of biotech and metric industries and companies are resolutely committed to innovation and introducing new technologies to the Chinese market. China’s gap in medical innovation is closing, but the challenge remains for foreign innovators wishing to penetrate the market. Indeed, this can prove difficult as the government focuses on mass production in China for the Chinese at the expense of innovative products which may not have the best commercial opportunities on the market […]. In this context, I work daily to find a way for the most innovative products to find their place on the Chinese market.

About some of these innovations, what are the most exciting developments that you’re keeping a watch on more broadly around medical technology […]?

Overall, everything related to AI and big data is at the forefront right now. But if we focus on China, […] big data innovations related to diagnosing diseases at an early stage are particularly interesting. A lot of China’s health problems could be solved by earlier diagnosis, but this is complicated by the sheer numbers of people and the way healthcare changes are organized, so the prospects for diagnostic innovations in the Chinese market are promising for years to come.

[…] You mentioned a lot about how China is very much focused on making things domestically and having them available domestically. Are there still opportunities for foreign enterprises to get involved in the sector?

A lot. […] For newcomers, if it’s a company offering an innovation that can solve a patient problem, a doctor problem, a problem related to hospital operations, or a problem related to health economics, or several of these problems at once, there’s a way forward. […] In addition, the legislation applicable in China may in some cases give an advantage to certain imported products: their registration may be faster than that of domestic products. Moreover, if products are registered as import devices, the company can make full use of its data abroad, including clinical data, which is not possible if the product is registered domestically.

Let’s take our attention now to Hong Kong and the greater Bay Area. […] What role do you think Hong Kong in the greater Bay Area can play in helping save the mainland companies’ expansion to a more global market?

Hong Kong has many roles to play for the medical industry. […] In terms of culture and relationships, Hong Kongese have a good understanding of the players and how the mainland market works. As a result, they are able to grasp the needs of Chinese companies wishing to go abroad. They can provide this cultural insight, but also in terms of investment capacity and the ability to mobilize local financial resources to ensure that these companies have a very strong and solid international arm.

 

You are interested in the opportunities offered by the Chinese Healthcare market? Irénée Robin and the dedicated team of VVR Medical experts can advise your company and help you realize your development project in China.

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MENER LA TRANSITION NUMERIQUE EN CHINE

En termes de transformation digitale, la Chine semble avoir une longueur d’avance : intégration des nouvelles technologies dans les services (les paiements via mobiles), utilisation de l’intelligence artificielle et de l’analyse des données de masse dans la prise de décision (Cour de Hangzhou), comportement des consommateurs (vélos partagés), investissements publics (cf Article VVR sur les Smart Energies) … Des opportunités s’ouvrent ainsi en Chine dans ce domaine mais pas seulement. Nous parlerons ce mois-ci des autres transformations induites par la numérisation de l’économie chinoise et qui affectent votre structure.

Selon un rapport McKinsey, les transformations grâce à Internet pourraient contribuer à hauteur de 7% (en estimation basse) à 22% (en estimation haute) de la croissance du PIB chinois jusqu’en 2025. Les principaux secteurs où sont identifiés de fortes opportunités de croissance sont les objets de consommation électroniques (objets connectés, contenu pour média numérique…), l’automobile (la logistique de la supply chain, le développement de services grâce à l’interconnexion), l’industrie chimique (prévision de la demande et amélioration de la planification de la production, R&D…), les services financiers (réduction des prêts non-performants, opérations bancaires plus efficaces), l’immobilier (sourcing et marketing en ligne), et les services de santé (gestion des maladies chroniques à distance, e-commerce pour les traitements sans ordonnance). Pour être exact, la Chine est plus avancée que l’Europe pour ce qui est des technologies utilisées dans le service aux consommateurs, et les Chinois sont en demande de ces nouveaux produits ou services. Toutefois, le degré de digitalisation des industries reste relativement faible. C’est en réalité maintenant que se joue cette transformation et les entreprises européennes présentes en Chine, particulièrement les TPE-PMEs ont tout intérêt à s’adapter rapidement, afin d’être leader des disruptions à venir (gains de productivité, nouveaux business modèles…) et non la subir.

Outre les nouvelles technologies à développer pour vos clients, c’est en effet toute l’organisation de votre structure qui est impactée par le numérique, du développement du produit jusqu’à l’interaction avec vos clients, en passant par la gestion de la supply chain et le marketing. En Chine et particulièrement sur la côte, la plupart des entreprises ont déjà entamé cette transition : dans un sondage EgonZehnder (2016) sur un panel d’entreprises chinoises, 70% des participants rapportent que leur top management soutient activement la transition numérique, et la moitié d’entre eux indiquent que c’est le CEO même qui est le leader de ces efforts. Or il ne s’agit pas seulement de rechercher de nouvelles applications des technologies numériques, mais avant tout de disposer d’une équipe maîtrisant ces technologies et sachant réfléchir selon ce nouveau paradigme numérique (abandonner les présentations imprimées sur papier par exemple). En effet, une digitalisation réussie d’une entreprise impacte souvent jusqu’au business model. Il faut alors faire preuve d’adaptabilité, ce qui requiert une réflexion et un travail sur la politique de ressources humaines de votre entreprise.

De par l’ampleur des changements potentiels, il est indispensable que la transition numérique soit le fruit d’une stratégie établie par ou en coordination avec le top management (cf Article VVR sur les nouvelles façons de consommer en Chine). Cela implique par exemple de mettre en œuvre une nouvelle approche du leadership, encourageant d’avantage la collaboration, la curiosité et l’apprentissage constant des équipes. Par ailleurs, il s’agit également d’établir le département responsable de la transition numérique s’il en est un. Certaines entreprises optent pour la délégation de ces fonctions à un acteur externe.

Une fois cette stratégie décidée, il est important que le management la prenne en compte et adapte son approche vers plus de collaboration et d’encouragement à l’innovation si cela est judicieux, mais également vers l’organisation de formations. En effet, il est plus aisé de former des personnes déjà intégrées à l’entreprise plutôt que d’embaucher (cf Article VVR sur le recrutement en Chine). Si toutefois un besoin RH ne peut être satisfait en interne, il est alors nécessaire de s’engager sur la voie du recrutement, qui est dans ce domaine relativement compétitive.

En effet, étant donné la rapidité de la transformation, certains observateurs prévoient une insuffisance de la main d’œuvre qualifiée à venir en Chine dans le domaine de l’IT et des TICs. Il faut savoir que les salaires dans ce secteur sont déjà élevés, surtout dans les grandes villes côtières (Shanghai, Shenzhen) et pour des Chinois ayant une bonne maîtrise de l’anglais.

Ainsi, pour faciliter ce processus et garantir son succès, il est indispensable de suivre à la lettre une méthode de recrutement précise. D’abord, formuler avec clarté le ou les besoin(s) réel(s) de l’entreprise que le recrutement viendrait combler. Ensuite, définir exactement la fiche de poste : les missions et le profil recherché (chinois local, chinois ayant étudié à l’étranger ou expatrié). Le domaine de la digitalisation étant en construction, l’enjeu lors de la sélection consiste surtout en l’identification chez le futur recruté non pas de certaines compétences, bien qu’un terreau soit désirable, mais d’une potentialité. Plus encore que d’habitude, il ne s’agit pas de trouver un bon employé, mais il faut trouver la bonne personne, adaptée à votre entreprise et sa vision. Pour ce faire, l’analyse des motivations, de la mentalité, de l’approche face à un problème nouveau peuvent s’avérer des méthodes efficaces.

Pour plus de détails sur nos conseils pour un recrutement, se référer à l’article VVR correspondant.

En quelques mots, la transition numérique se déroule maintenant en Chine, et elle ouvre des portes pour de nouveaux produits et services, mais elle redéfinit également l’organisation et la vision des entreprises qui s’y engagent. Nous encourageons fortement les entreprises à faire le pas de la transition numérique maintenant, selon une stratégie ordonnée et mûrement réfléchie, et non d’une façon erratique et en réaction à l’environnement changeant. Cela induit d’y engager tous les départements de votre organisation. Au niveau RH, cela se traduira par un besoin de formation des équipes et par de nouveaux recrutements.

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ETAT DU SECTEUR PHARMACEUTIQUE

Avec une population de 1.4 milliard d’habitants, vieillissante à cause de la politique de l’enfant unique d’une part, s’enrichissant d’autre part, la Chine est un marché à fort potentiel pour le secteur pharmaceutique, où les entreprises occidentales conservent un avantage compétitif décisif en termes de technologie. En 2016, représentant 110 milliards d’USD, le marché chinois passe en deuxième du classement mondial. Toutefois, ce marché est encore peu mature selon de nombreux aspects.

En 2020, 18% de la population chinoise aura plus de 65ans

L’espérance de vie est aujourd’hui de 78 ans pour les femmes, 75 pour les hommes et en 2017 environ 15% de la population a plus de 65ans (10% en France) ; dont 1.8% sont au-delà de 80 ans. En 2020, ces chiffres augmenteraient jusqu’à 18% et 6.5% respectivement. En 2035, l’âge médian de la Chine sera supérieur à celui de la France.

Urbanisation, sédentarisation et enrichissement de la classe moyenne

Outre ces données démographiques favorables, l’évolution de la société et le développement de la classe moyenne chinoise contribue à la constitution d’un pool de consommateurs alléchants. En effet, les habitudes de vie changent (sédentarisation, alimentation) du fait de l’urbanisation et de l’enrichissement de la population notamment.

Ainsi, les problèmes de santé évoluent également, rejoignant les problèmes de santé des pays développés : les maladies chroniques. En 2016, 26.2% des décès sont dus au cancer, 22.1% à des maladies cardiovasculaires, 20.4% à des maladies cérébrovasculaires, 12% à des maladies respiratoires ; et le diabète touche près d’un Chinois sur 10 et continue à croitre.

Les maladies infectieuses de type SIDA, tuberculose et hépatite restent prévalentes surtout dans l’Ouest de la Chine, plus pauvre. Il s’agit d’ailleurs d’un domaine où le gouvernement chinois met à disposition des fonds publics. Les nouveaux risques épidémiques touchent quant à eux les centres urbains, connectés à l’international.

Enfin, la Chine manque de médicaments pour les maladies orphelines et autres maladies rares, la pédiatrie et les maladies infantiles, constituant ainsi des niches du marché.

79% des médicaments sont délivrés sous ordonnance

Deux tiers des médicaments consommés en Chine sont chimiques, et 13% sont des médicaments biotechnologiques, principalement biosimilaires. Par ailleurs 79% des médicaments sont délivrés sous ordonnance, faisant du médecin une cible prioritaire des activités de promotion des laboratoires pharmaceutiques. Il s’agit principalement de génériques, secteur où la compétition locale est élevée.

Les médicaments importés sont surtout des formules brevetées

Les médicaments importés sont donc surtout des formules brevetées. Récemment, le gouvernement et les laboratoires chinois favorisent et recherchent des partenariats avec les laboratoires occidentaux pour le développement de nouvelles formules.

Les grands acteurs sur le marché sont autant des grands groupes que des PMEs, des sociétés étrangères (brevetés) et nationales (générique). Côté chinois, les trois plus grands sont Sinopharm, Shanghai Pharma, et Jointown Pharmaceutical Group. Seul ce dernier est une entreprise privée et tous entretiennent des relations étroites avec les hôpitaux, expliquant leur succès.

Un contexte réglementaire ambigu et changeant

Le contexte réglementaire est ambigu et sujet à des changements fréquents. La réforme du système de santé est en cours depuis 2009, visant à élargir le nombre de frais médicaux remboursés, ouvrant ainsi les villes de troisième et quatrième tiers au marché, réduire la dépendance des hôpitaux sur la vente de médicaments, et mieux encadrer les actions de promotion des ventes. Cependant, la procédure pour devenir un médicament remboursé est opaque et favorise les médicaments nationaux en exerçant une pression à la baisse sur les prix via des politiques d’enchères.

On note également récemment une levée des restrictions sur les IE en Chine dans certains domaines de la santé, et, comme dans le secteur de l’agroalimentaire, un renforcement des contrôles du gouvernement sur les pratiques de corruption des médecins (scandale GSK), les médicaments contrefaits ou de mauvaise qualité.

Ainsi, le secteur pharmaceutique offre de nombreuses opportunités aux entreprises européennes, pourvu que l’on sache y entrer et s’entourer de partenaires fiables. L’un des défis majeurs reste l’accès au marché difficile. En effet, en plus de droits de douane élevés, ce secteur se caractérise par une fragmentation extrême de son système de distribution, avec un nombre d’intermédiaires pouvant aller jusqu’à 6 selon le produit et la région. Le prix de vente se trouve ainsi impacté de manière non négligeable.

La réglementation pour l’homologation d’un médicament, et la réglementation entourant la promotion et la vente sont denses, complexes et opaques, mixant mesures de l’ancien système, mesures temporaires et nouvelles réglementations. La tendance est au renforcement du cadre réglementaire, mais également à la favorisation en pratique des produits de manufacture locale.  L’objectif du gouvernement est de construire des « champions nationaux », surtout dans le domaine des médicaments biosimilaires, et cela peut se traduire par un traitement différencié voire discriminatoire des entreprises locales et étrangères.

L’extension de la couverture maladie universelle cause une pression à la baisse sur les prix.

Enfin, la protection des droits de propriété intellectuelle est faible ou inadaptée. A titre d’exemple, il y avait en 2016 un retard de 17 000 demandes d’enregistrement des médicaments d’origine étrangère. Ainsi, il peut être complexe et risqué de lancer un nouveau médicament sur le marché chinois avec ce niveau d’incertitude.

Croissance de la demande, à laquelle ne peut répondre la production locale

Cela étant dit, le marché chinois reste ouvert et à fort potentiel, ne serait-ce que par le nombre de consommateurs, qui aspirent à des soins de meilleure qualité. Selon une enquête de 2014, les chinois sont plus concernés par leur santé que les brésiliens, russes, indiens mais aussi que les américains, européens et japonais. Ainsi, les ventes de vitamines et de compléments palliant aux maux communs liés au stress et au mode de vie devraient doubler d’ici 2020 par rapport à 2014. Or les médicaments occidentaux bénéficient d’une bonne image auprès des consommateurs, représentant la sécurité et la qualité. Par ailleurs, la solvabilité de ces consommateurs, bien que mitigée par le ralentissement économique, est fortement améliorée grâce au développement de la couverture santé universelle et à l’émergence d’assureurs privés.

Malgré la présence d’une main d’œuvre de plus en plus qualifiée, la R&D des acteurs domestiques est encore faible, bien que les investissements en la matière augmentent rapidement. Ainsi, les laboratoires pharmaceutiques recherchent des partenariats occidentaux afin de développer leur technologie.

Les réseaux d’entreprises pharmaceutiques

Les entreprises françaises peuvent également compter sur un soutien institutionnel ainsi que sur une réputation nationale grâce à l’implantation de grands groupes français. Ainsi, le Club Santé Chine, créé à l’initiative de Business France et Biomérieux et réunissant des grands groupes mais également des PMEs, des hôpitaux et l’Ambassade de France en Chine permet d’améliorer la visibilité offre française d’une part, et de facilité l’échange d’information d’autre part. Il comporte quatre groupes de travail, indication des secteurs porteurs où la France bénéficie d’un avantage compétitif : conception et gestion hospitalière, vieillissement et dépendance des personnes âgées, maladies chroniques, maladies infectieuses. Ainsi, une récente délégation d’entreprises des Pays de la Loire à Shanghai présentait de nombreuses entreprises françaises spécialisées en biotechnologie.

L’innovation est un plus dans la santé en Chine

Par ailleurs, les applications de l’Intelligence Artificielle dans le secteur médical sont, sans surprise, un autre aspect que le gouvernement et les entreprises chinoises cherchent à développer (l’un des objectifs dans la stratégie de développement de l’IA, l’un des objets de récents investissements de la part de Baidu, Tencent et Alibaba, ainsi qu’un sujet dominant traité par les médias lorsqu’il s’agit de santé. Or, la France et l’Europe bénéficie d’entreprises pharmaceutiques innovantes.

D’autres canaux de distribution pour satisfaire à la demande

Enfin, le e-commerce offre un nouveau rayon de possibilités à ne pas négliger pour les médicaments OTC (sauf injectables). De plus en plus utilisé par les consommateurs, il offre une meilleure visibilité des petites entreprises pharmaceutiques. D’après une étude de 2017, Internet est souvent la source première d’informations médicales, c’est donc le lieu de prédilection pour promouvoir ses produits, par la publication d’articles informatifs.

Par Manon Bellon

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LA CHINE, PEPINIERE POUR LES SOLUTIONS DE SMART ENERGY?

Les solutions de smart energy (innovation en matière d’énergie) sont assurément un sujet incontournable lorsqu’il s’agit de décrire le paysage économique chinois actuel. Trois articles VVR (voitures électriques, construction écologique et énergies renouvelables) ont démontré les limites qui se posaient aux engagements gouvernementaux.

Aussi, pour le mois d’avril, nous vous proposons une relecture des analyses du Conseil National de Réforme et de Développement de la Chine (NRDC), de la Banque Mondiale, et du Ministère du Commerce Américain et autres acteurs mondiaux qui concordent en ces points : la Chine doit développer des solutions de gestion efficace de l’énergie par le consommateur ; les technologies de l’intelligence artificielle (voir article VVR du mois de Mars) sont un moyen d’y parvenir et ce qui se joue en Chine aura des répercussions mondiales.

La Chine, leader mondial de la réduction des émissions carbones?

Avec l’Accord de Paris, la Chine se place définitivement en leader du combat pour réduire les émissions carbones. Ce choix stratégique sur la scène internationale est également justifié par sa situation interne alarmante en ce qui concerne la pollution, notamment atmosphérique. Par ailleurs, la Chine se positionne comme le laboratoire pour la transition énergétique des pays en voie de développement : en 2016 62,6% de son énergie provenait encore du charbon (Ministère du Commerce Américain). Elle fait en effet face à des défis typiques d’un pays en développement : une urbanisation galopante et le développement des zones rurales accroissent encore ses besoins en énergie : le taux de croissance de la consommation énergétique passait 5% à 6,6% en 2017 (Global Energy Statistical Yearbook) et la consommation pourrait augmenter au total de 40% sur les 15 prochaines années (World Ressources Institutes).

Un réseau électrique inefficace

Des investissements majeurs sont régulièrement annoncés pour le développement des énergies renouvelables, mais le constat global est celui d’un gaspillage dû aux problèmes de raccordement au réseau. Or, le réseau électrique en Chine est le monopole de deux entreprises d’Etat et est ainsi difficilement accessible pour les entreprises étrangères. Il est toutefois intéressant de noter que les investissements de la State Grid Corporation qui contrôle 80% du réseau électrique chinois se concentrent sur les équipements de mesure intelligente de la consommation énergétique (prévision d’en installer 280 millions d’ici 2022) et sur les systèmes d’automatisation et de distribution de l’électricité (USD 7 milliards à l’horizon 2020).

Source : International Finance Corporation (Banque Mondiale)               

Le bâtiment, terrain de progrès

Dans son rapport, l’International Finance Corporation identifiait le secteur du bâtiment comme principal récipiendaire des investissements à venir à l’horizon 2030 (USD 12,9 trillions).

En effet aujourd’hui, 70% de l’énergie en Chine est consommée par les bâtiments, 60% étant perdue, ce qui représente une perte de USD 100 milliards par an, et ce en raison de dysfonctionnement d’équipements trop vieux (China Economic Review). Par ailleurs, 70% des émissions carbones proviennent des villes et un tiers d’entre elles de l’approvisionnement en électricité des bâtiments (Conseil National de Développement et de Réforme).

Dans le 13ème Plan Quinquennal, la construction écologique est en effet affichée comme une priorité : en théorie la moitié des nouvelles constructions doivent respecter les normes environnementales du NRDC. Cependant, les coûts plus élevés, les délais d’obtention des certifications et la difficulté de déploiement des nouvelles technologies sont autant d’éléments dissuasifs pour les constructeurs privés.

Ainsi, les principaux clients intéressés par les technologies de gestion efficace de l’énergie s’avèrent être les autorités locales : 290 villes ont déjà lancé des projets de « smart city » (China Daily). 95% de ces villes sont les capitales de province. De plus, le potentiel est d’ordre mondial puisque certains projets comme celui du City Brain de Hangzhou (conjointement avec Alibaba et Foxconn) s’exporterait déjà vers la Malaisie. La majorité de ces projets se situent toutefois en Chine de l’Est, particulièrement dans les provinces de Shanghai, du Zhejiang et du Jiangsu, en raison du niveau de développement, d’urbanisation et des ressources dont disposent les gouvernements locaux.

Pour rééquilibrer l’offre et la demande, le gouvernement central, les gouvernements locaux et les entreprises d’Etat misent donc sur la gestion efficace par les consommateurs de leur consommation. Acteurs publics et privés espèrent attirer start-ups et entreprises innovantes, à en juger par le nombre de forums et d’événements consacrés aux « smart energies » : les 2 et 3 avril se déroulera à Shanghai un forum sur la construction écologique organisé par Arup et décrit comme un lieu de réflexion pour la définition des prochaines politiques urbaines de Shanghai. Les 19 et 21 septembre, à Tangshan Southlake, près de Tianjin, auront lieu le Smart Energy China Forum (focus sur les objets connectés) et le Energy Storage China Forum, tous deux à dominante institutionnelle.

Quelle place pour les entreprises européennes?

Capable de produire les équipements nécessaires à bas coût, la Chine recherche aujourd’hui les technologies de gestion efficace et intelligente de l’énergie. Celles-ci proviennent souvent de l’étranger, les start-ups américaines notamment étant déjà entrées sur le marché.

Certains défis se présentent toutefois à l’entrée d’entreprises étrangères sur le marché chinois de la gestion intelligente de l’énergie.  Outre une préférence globale pour les acteurs locaux, notamment en ce qui concerne la production, le contrôle de l’énergie est un enjeu de sécurité publique et les technologies de big data soulèvent la question du stockage des données : avec le renforcement des régulations de cybersécurité, il est aujourd’hui compliqué pour une entreprise d’exporter des données chinoises vers ses serveurs s’ils sont localisés dans un autre pays. Les différents rapports s’accordent toutefois sur le fait que des solutions existent, comme s’associer avec un partenaire chinois.

Un autre défi à l’entrée des acteurs étrangers est le manque d’une politique urbaine unifiée qui rend le paysage des solutions énergétiques intelligentes particulièrement complexe, le faible taux d’application des politiques dans certaines provinces : les objectifs du gouvernement chinois de réduire de 40 à 45% la part carbone de son PIB de 2005 à 2020 ont été revu à la baisse. Il faut en effet garder à l’esprit que les termes « écologique » et « vert » sont également des termes politique, de communication et ne reflètent pas toujours la réalité selon les standards européens.

Côté français, le Smart Mobility Forum qui a eu lieu à Marseilles en février a présenté au monde un tissu d’entreprises dynamique sur les solutions de gestion intelligente de l’énergie, même si la discussion s’est focalisée sur les solutions de transports. De plus, en 2016, EDF lançait un projet de smart energy à Sanya en coopération avec Changfeng Energy. Le projet vise à réduire l’empreinte carbone de la ville.

 

Par Manon Bellon

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LA CHINE SUR LA ROUTE DE L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

Beaucoup a déjà été écrit sur les plans de la Chine pour devenir une puissance mondiale de l’intelligence artificielle (IA) en 2030, et ces deux mots reviennent presque quotidiennement dans les grands médias chinois et les annonces gouvernementales. Parmi les effets d’annonces et autres articles cherchant un buzz médiatique sur un sujet qui fascine et inquiète, il est important de faire la part des choses.

Que contiennent exactement ces plans ? Quel en est le reflet dans la société et l’économie chinoise aujourd’hui ? Quelles opportunités peut-on identifier pour les entreprises françaises ?

Au World Mobile Congress de Barcelone cette année, Huawei présentait un véhicule entièrement piloté par l’IA de son dernier smartphone mis en vente en automne 2017. Un téléphone a ainsi conduit une voiture sur une dizaine de mètres tout en évitant efficacement les obstacles. Outre les réactions mondiales suscitées par cette avancée technologique, il est intéressant d’observer que la Chine est désormais un sujet de discussion incontournable lorsqu’il s’agit de l’intelligence artificielle mondiale : Huawei était la première entreprise apparaissant dans le documentaire d’une chaîne de télévision européenne destiné au salon.

Devenir un centre mondial majeur de l’IA en 2030

Récemment, la Chine a publié plusieurs plans organisant sa transition de « l’atelier du monde » au « laboratoire du monde » : Made in China 2025 (2015), Internet + (2015) et le 13ème Plan Quinquennal (2015) intègrent tous un volet innovation central, dans lequel s’inscrit la stratégie nationale de développement de l’IA rendue publique en Juillet 2017.

L’objectif annoncé est de devenir un centre mondial majeur de l’IA en 2030, avec deux étapes intermédiaires en 2020 et 2025. Outre les objectifs stratégiques et politiques liés à un tel développement, le gouvernement chinois met en avant ses objectifs économiques : une estimation de bénéfices directs sur l’économie chinoise à hauteur de 150M CNY (19,2M EUR) d’ici 2020, et de 1Md CNY (128M EUR) d’ici 2030. A ce titre, le cabinet PwC se montrait plus optimiste annonçant une contribution de l’IA à l’économie mondiale de 16Mds USD (13Mds EUR) d’ici 2030 dont la moitié pour l’économie chinoise.

Concrètement, le gouvernement souhaite encourager les applications de l’IA dans les domaines de la production, de l’urbanisation, de l’agriculture, des énergies renouvelables, de la robotique, des voitures intelligentes, des soins médicaux et de la défense nationale. Cependant, peu de financements précis ont encore été annoncés.

Sans entrer dans la polémique pour savoir qui des Etats-Unis ou de la Chine mène la course, faisons un état des lieux de l’IA en Chine à l’heure actuelle. Qu’existe-t-il ? Quels potentiels de développement pouvons-nous aujourd’hui identifier ?

Soutien politique et financier du gouvernement

Les atouts chinois souvent cités sont : un soutien du gouvernement en matière de législatif (la protection légale des données est quasiment inexistante) et de financements ; de vastes ressources en données grâce à une population nombreuse, diverse et hyperconnectée, mais également des ressources scientifiques (20% des scientifiques en formation en IA dans le monde sont chinois) avec notamment un avantage dans le domaine de la traduction et du langage du fait de la complexité de la langue chinoise.

Des géants actifs

En effet, la Chine possède ses propres données (Baidu, Alibaba et Tencent, alias BAT) et celles-ci sont disponibles en nombre suffisant dans un univers non fragmenté : 800 millions de comptes Wechat, une application qui recouvre des domaines aussi services aussi divers que le paiement, la localisation, la location de taxi, vélos, la commande de nourriture… La moitié des smartphones en Chine sont équipés d’un système de paiement (voir article VVR sur le sujet) et beaucoup d’observateurs notent la friandise de la population à tout âge pour les objets connectés.

Posséder des données est essentiel au développement de l’IA qui n’est rien d’autre qu’un outil sophistiqué permettant de traiter un nombre de données jusqu’ici trop lourd pour nos programmes classiques. Toutefois, il semblerait que l’on soit aujourd’hui capable de simuler des données ce qui réduit considérablement l’avantage compétitif de la Chine en la matière.

La puissance de calcul

La Chine dispose également de la puissance de calcul nécessaire à des avancées majeures en IA : la reconnaissance d’image proposée par Baidu est ainsi aujourd’hui plus précise que celle de Google (de 0.3%). Par ailleurs, la Chine fabrique désormais ses micropuces qui équipent le dernier smartphone de Huawei. La reconnaissance vocale constitue cependant encore un défi pour les grands groupes chinois et concentre aujourd’hui les investissements.

Les investissements

Le capital est l’un des autres points forts de la Chine. Les trois géants numériques chinois : Baidu, Alibaba et Tencent ont tous publiés des plans de développement de l’IA. Ainsi, Baidu investit 3Mds EUR dans la reconnaissance d’images, la réalité augmentée et le deep learning quand Alibaba annonce l’ouverture de 8 centres de recherches dédiés au développement de l’IA et de l’informatique quantique pour un investissement de 15 Mds USD (12,7Mds EUR). Baidu est également impliqué dans le développement d’une voiture autonome, contexte dans lequel le groupe a annoncé sa volonté de mettre ses données en opensource, contrairement à ce qui est pratiqué outre-Pacifique.

Pékin quant à eux ont récemment fait l’annonce d’investissements à venir dans des universités, des incubateurs et des start-ups pour 150 Mds CNY (19,15 Mds EUR) afin de se doter de systèmes d’IA chinois. Au début de l’année 2018, cela s’est encore davantage concrétisé avec l’annonce de la création d’un parc professionnel dédié à l’IA (big data, identification biométrique et deep-learning) dans la capitale, qui réunirait 400 entreprises. Le coût du projet est estimé à 13.8 Mds CNY (1.8Md EUR).

Quid des entreprises étrangères en Chine?

A la lecture de ces faits, il semblerait que la Chine soit surtout un concurrent de plus en plus redoutable dans le secteur de l’IA et des technologies intelligentes. Pourtant, les acteurs français et européens peuvent profiter de ce développement pour : trouver des investissements et/ou s’établir en Chine, trouver des équipes chinoises formées à l’IA, profiter des technologies chinoises en IA et des données si celles-ci sont effectivement mises en open source et jouer un rôle d’intermédiaire entre produits intelligents chinois et marchés européens. A noter : en novembre 2018 se tiendra la China International Import Export Exhibition qui prévoie de réserver un hall entier à la haute technologie et aux équipements intelligents.

En résumé :

Les annonces du gouvernement chinois laissent prévoir une hausse des investissements publics et privés déjà nombreux dans le domaine de l’Intelligence Artificielle. Outre la technologie de l’IA en elle-même, les secteurs privilégiés par la Chine sont ceux de la production, de l’urbanisation, de l’agriculture, des énergies renouvelables, de la robotique, des voitures intelligentes, des soins médicaux et de la défense nationale. La France a affiché sa volonté d’étendre sa coopération dans ce domaine spécifique avec la Chine qui, d’après ses déclarations, ne souhaite pas restreindre ce domaine aux entreprises chinoises exclusivement. A l’heure actuelle, Pékin favorise principalement l’installation des talents en Chine, et les centres de recherches annoncés par les divers acteurs chinois sont encore en construction. Les opportunités pour les acteurs français se situent ainsi principalement dans les besoins que peuvent avoir les entreprises chinoises de ces domaines, ou dans les technologies que celles-ci peuvent développer.

Par Manon Bellon

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LES REFLEXIONS ET CONSEILS D’UN SPECIALISTE DES AFFAIRES EN CHINE

La Chine, solution de financement pour les PME technologiques françaises

Interview de Camille Verchery, CEO de VVR International, pour le dossier « PME françaises, n’ayez plus peur du  marché chinos », paru dans Classe Export, le magazine francophone du commerce international.

Le 13ème plan quinquennal chinois (2015-2020) a eu un impact inattendu : La Chine est en train de devenir une solution performante et inattendue de financement des PME technologiques européennes.

Ce plan quinquennal a pour vocation de donner les orientations stratégiques de la Chine. Il est suivi à la lettre par tous les acteurs de l’économie, privés comme publics. Pour résumer on peut y voir 2 grandes orientations donc l’objectif est de conserver la croissance économique tout en améliorant l’environnement : Lutter contre la pollution et développer l’innovation.

Le plan quinquennal chinois demande aux sociétés chinoises de développer l’innovation et de se moderniser dans de nombreux secteurs (automobile, pharmaceutiques, énergies renouvelables, traitement de l’eau, agroalimentaire,
médical…).

Les sociétés chinoises sont donc à la recherche de technologies, procédés et équipements novateurs pour le marché chinois, qu’elles pourront intégrer et fabriquer localement pour ce marché immense. Elles sont particulièrement à la recherche d’innovation dans le monde des énergies renouvelables, des traitements de l’eau, de la performance énergétique dans les secteurs automobile, de la construction, de la sécurisation de la chaine alimentaire, etc…

Pourtant, l’innovation chinoise reste encore, dans ces domaines, en retard par rapport à l’Europe, aux USA ou au Japon, en revanche, le marché est très demandeur et surtout prêt à prendre des paris technologiques ambitieux, prêt à tester à grande échelle des concepts encore au premier stade d’industrialisation.

L’intégration de la technologie occidentale a toujours été un objectif fort des acteurs économiques chinois, mais après l’échec du système de Joint-Venture, face à la difficulté de gestion d’un transfert de technologie, et face à la lenteur de leur propre capacité d’innovation, les industriels chinois ont recherché d’autres modèles. Or, depuis 2012, la Chine a su développer un formidable système de financement de son économie privée, au-delà des acteurs bancaires classiques. Ainsi, la bourse et les fonds d’investissements sont devenus des acteurs structurés et puissants.

Depuis 2015, les midcaps chinoises peuvent s’appuyer sur la formidable réserve financière de la Chine pour proposer de financer ou simplement racheter des sociétés européennes bien positionnées sur leur marché, pour rapidement prendre position sur le marché chinois.

Téléchargez tout le dossier de classe Export « PME françaises, n’ayez plus peur du  marché chinois », au format PDF.

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Interview de Camille VERCHERY par Le MOCI, Regard sur la Chine d’aujourd’hui : Défis, Perspectives et Opportunités pour les Entreprises Européennes

“Mettre en place une organisation externalisée en Chine”, Interview Globallians de Camille Verchery,

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ENERGIES RENOUVELABLES

Quand la Chine a les yeux plus gros que le ventre

Insatiable. En l’espace d’une dizaine d’années, la Chine est devenue le premier pays producteur d’énergies renouvelables, détrônant même les États-Unis l’année dernière, selon le dernier Rapport statistique sur l’énergie mondiale de BP. La Chine représente actuellement environ 40 % de la croissance mondiale (plus que l’ensemble de l’OCDE) et constitue la principale source de croissance mondiale en termes d’hydroélectricité et d’énergie nucléaire. Selon le rapport annuel du Programme des Nations Unies pour l’environnement sur les tendances mondiales des énergies renouvelables, la Chine est devenue le premier investisseur mondial en énergies renouvelables en 2015. Elle y a consacré 103 milliards de dollars au total, ce qui représente 36 % de la part mondiale. Pour satisfaire 20 % des besoins de la Chine d’ici 2030, le pays veut investir environ 370 milliards de dollars, soit plus du triple, dans la production d’énergie solaire, éolienne, hydraulique et nucléaire d’ici 2020. Cela devrait engendrer 13 millions d’emplois dans le secteur, d’après l’Administration nationale de l’énergie (NEA).

La Chine a produit 35 GW d’énergie solaire en plus, rien qu’en 2016, ce qui correspond à la quasi-totalité de la capacité de l’Allemagne. Toutes les heures, la Chine érige une nouvelle éolienne et installe suffisamment de panneaux solaires pour couvrir un stade de football, selon Greenpeace Pékin. Et si le 13ème Plan Quinquennal est respecté, 340 GW d’hydroélectricité, 200 GW d’énergie éolienne, 120 GW d’énergie solaire, ainsi que 58 GW de nucléaire et 15 GW de biomasse devraient être produits d’ici 2020. La Chine est ainsi un fabricant et un exportateur de technologies d’énergies renouvelables de premier ordre, en fournissant environ les deux tiers des panneaux solaires et en produisant près de la moitié des éoliennes de la planète.

Trop d’énergie propre gaspillée

Tous ces efforts visent à réduire la place prépondérante du charbon – la Chine étant le plus grand émetteur de dioxyde de carbone dans le monde – et à atténuer la grave pollution de l’air qui tue environ 1,1 à 1,6 million de ses habitants chaque année. Cependant, le pays doit relever un certain nombre de défis pour ne plus dépendre de l’importation des combustibles fossiles.

En fait, l’Empire du Milieu ne parvient pas à utiliser toute sa nouvelle électricité, à tel point que la NEA a dû demander aux autorités locales de six provinces chinoises d’arrêter d’autoriser la construction d’éoliennes sur leur territoire. En 2016, le taux d’écrêtement de l’énergie éolienne de la Chine, c’est-à-dire l’énergie éolienne qui aurait pu être générée et utilisée, mais qui ne l’a pas été, a atteint 17 %, soit plus du double de celui des deux années précédentes. Parallèlement, le taux d’écrêtement de l’énergie solaire du pays a doublé entre 2015 et 2016. Une grande partie de l’énergie propre qui devrait remplacer l’énergie générée par le charbon est donc gaspillée.

Des réseaux électriques plus souples

Cette situation peut s’expliquer notamment par le fait que, actuellement, les éoliennes sont installées et connectées à des réseaux dans les provinces quasi désertes du nord-ouest du pays. En raison du manque de lignes de transmission, l’électricité produite ne peut, de ce fait, être transportée vers les villes peuplées de la côte Est. La NEA préconise alors une plus grande souplesse des réseaux électriques chinois. En effet, pour que les réseaux électriques fonctionnent correctement, la quantité d’électricité fournie doit correspondre parfaitement à la charge du système. Une plus grande souplesse permettra donc aux réseaux électriques de mieux gérer la variabilité des énergies renouvelables due, par exemple, à la vitesse du vent ou à la qualité du rayonnement du soleil.

Il est également essentiel d’identifier de nouvelles utilisations pour les énergies renouvelables produites dans les provinces du nord de la Chine. Une approche prometteuse consiste à utiliser l’énergie éolienne pour aider à répondre aux besoins de chauffage étendus de la région. Comme services auxiliaires et en tant que substituts plus propres et plus efficaces aux centrales alimentées au charbon, la NEA favorise aussi la production de gaz naturel et le pompage-turbinage de l’énergie hydraulique.

En outre, la NEA encourage l’instauration de marchés directs pour les énergies renouvelables. Les producteurs d’énergies renouvelables seront alors habilités à vendre de l’électricité directement à ceux qui en ont besoin. Ils bénéficieront ainsi de points de vente supplémentaires pour leur électricité si les réseaux ne peuvent pas tout assumer.

Crédits image: Michal Strba

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