Category: Supply chain & Distribution

« JOUR DES CELIBATAIRES »

Alibaba, le géant chinois du e-commerce bat tous les records de vente

Lors du « Jour des célibataires » qui s’est tenu comme chaque année le 11 novembre, Alibaba, le géant chinois du e-commerce, a enregistré un nouveau record de ventes de 21 milliards d’euros contre 14,5 milliards d’euros en 2016. Ce qui représente un bond de 40 % par rapport à la même période l’année dernière. En outre, en seulement 13 heures, le détaillant a amassé plus de 15 milliards d’euros ce samedi de l’année 2017. À côté de cette grande journée de soldes, les Black Friday et Cyber Monday font pâle figure. En effet, le chiffre de ventes du « Jour des célibataires » chinois représente quasiment le double de ceux combinés par ses homologues américains.

À l’instar des versions américaines du shopping, Alibaba a proposé des rabais sur 15 millions de produits issus de 140 000 marques. Et pour célébrer le coup d’envoi de cet événement, Jack Ma, le fondateur et PDG d’Alibaba, a organisé un gala au Shanghai Mercedes Arena, en présence de célébrités telles que Pharell Williams, Nicole Kidman ou Jessie J. Au milieu de la scène trône un écran géant où l’on a pu voir le décompte des ventes. Tmall (B2C) et Taobao (C2C), les plateformes d’Alibaba enregistrent le milliard d’euros en 2 minutes. Diffusé sur les services vidéo d’Alibaba et trois chaînes de télévision chinoises, l’événement a été également couvert par des centaines de journalistes chinois et étrangers.

Un déclin d’intérêt

Le « Jour des célibataires » a été créé en 1993 à l’université de Nankin, dans le sud de la Chine, par quatre amis afin de rendre hommage aux personnes seules. Les étudiants ont alors eu l’idée d’offrir une fête aux célibataires le 11 novembre (11.11), les quatre chiffres de ce jour s’écrivant avec le chiffre symbolique « 1 ». Au début, seuls les célibataires de sexe masculin participaient à ces festivités. Désormais, les deux sexes peuvent y prétendre. Par la suite, la première édition du « Jour des célibataires » a été organisée en 2009 à grands renforts de marketing et d’offres spéciales « Double 11 ».
Si ce jour est capital pour atteindre les objectifs de chiffre d’affaire annuels pour tous les détaillants, les Chinois semblent commencer à bouder l’événement, et ce après seulement 8 éditions. Selon l’agence chinoise de marketing Admaster, seulement 65 % des personnes interrogées ont déclaré vouloir participer en 2017 contre 84 % en 2015. Des chiffres qui révèlent une montée en gamme de la consommation dans le pays. En effet, si le « Jour des célibataires » est réputé pour ses soldes monstres, de plus en plus de Chinois sont à la recherche de produits et de services de meilleure qualité, quitte à payer davantage.

JD.com semble avoir compris le message. Cette société de vente directe en ligne et principal concurrent d’Alibaba sur le marché national sait jouer de son atout: une meilleure gestion de sa logistique. Alors que les plateformes d’Alibaba mettent en relation les vendeurs et les clients, JD.com fonctionne plutôt comme un supermarché en ligne. L’entreprise achète des produits, les stocke dans ses propres entrepôts et les fait livrer par une armée de livreurs, qui fournissent également un support clientèle. Le « Double 11 » de JD.com dure 11 jours, du 1er au 11 novembre, ce qui favorise une plus grande souplesse des opérations.

Attirer davantage de marques internationales

Pour faire face, Alibaba veut attirer plus de marques internationales sur ses plateformes, malgré la réputation entachée de Taobao de fournir de la contrefaçon. Et cela semble payer ! Selon Alibaba, sur 100 000 détaillants qui ont participé au « Jour des célibataires » en 2016, 10 000 étaient étrangers. Cette année, sur 140 000 vendeurs présents, 60 000 venaient de l’étranger, dont 250 Français.

Alibaba se veut également plus innovant. Cette année, il est passé d’une stratégie moins en ligne pour rationaliser les ventes entre ses plateformes et les magasins physiques des revendeurs inscrits sur ses plateformes de commerce électronique. Ainsi, Alibaba a fait découvrir aux consommateurs chinois le jeu de réalité augmentée Pokemon Go en l’appliquant à sa plateforme Tmall, mais avec des chats. Il fallait donc trouver des coupons de réduction dans différentes boutiques, dont la marque française de cosmétiques L’Occitane. L’Oréal a de son côté installé un miroir interactif dans son magasin de Shanghai. Les acheteurs pouvaient essayer du maquillage virtuel, puis commander les produits par le biais d’un écran tactile relié à une plateforme d’Alibaba.

Au-delà des ventes phénoménales engendrées, le « Jour des célibataires » produit en contrepartie une énorme quantité de déchets. Selon Greenpeace, la fabrication, l’emballage et l’expédition des colis pour cet événement a engendré 258 000 tonnes de dioxyde de carbone émissions l’année dernière. Il faudrait environ 2,6 milliards d’arbres pour absorber cette pollution. Et toujours d’après l’ONGI de protection de l’environnement, la frénésie du shopping en ligne de cette année est sur le point de laisser une empreinte carbone encore plus importante.

Crédits image: Reuters

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PAIEMENT MOBILE: LA CHINE DEPLOIE SES TENTACULES

Le cash, en voie de disparition ? La Chine ne semble pas échapper pas à la règle. Au contraire. Elle a même une sacrée longueur d’avance sur les pays occidentaux. Si ces derniers affectionnent encore les règlements par carte de crédit/débit, les Chinois ont sauté cette case pour passer directement au paiement mobile. Et ce en seulement cinq ans.

Payer avec son smartphone en scannant un code QR, un type de code-barres en deux dimensions, dans une boutique, un restaurant ou même devant l’étal d’un vendeur ambulant, est devenu un geste banal de tous les jours. Le montant de la transaction est aussitôt débité du compte client pour créditer celui du commerçant. Facile, rapide et pratique, ce moyen de paiement intégralement dématérialisé permet de réaliser tous ses achats quotidiens, sans un yuan en poche. « Je paye tout avec mon téléphone : le taxi, les courses, l’essence, les factures, les frais de scolarité de ma fille ou pour effectuer des virements », explique Wang Xiaofeng, une Pékinoise de 42 ans.

Son mari français, David, a longuement hésité. « C’était plus compliqué pour les étrangers de relier leur carte bancaire aux applications de paiement mobile. Je ne faisais pas d’achat en ligne et n’en ressentais pas le besoin. C’est petit à petit que c’est venu, dans mon quotidien. Je m’y suis mis il y a 2 ans », se souvient-il. Une décision qu’il ne regrette pas : « C’est pratique. Il y a plein de promotions ». Et d’ajouter : « Depuis 3 semaines, je n’ai plus d’argent liquide sur moi ».

Le monopole de deux géants chinois

Comme les quelque autre 650 millions adeptes du portefeuille électronique, Wang Xiaofeng utilise indifféremment les applications Alipay, WeChat Pay ou Tenpay et, occasionnellement, le concurrent américain Applepay. Alipay, qui appartient au géant du commerce en ligne Alibaba et WeChat Pay, la solution de paiement intégrée à la messagerie WeChat, elle-même exploitée par le leader des réseaux sociaux chinois Tencent, se partagent 170 millions de transactions quotidiennes. Ce qui représentait 5,5 trillions de dollars en termes de volume de paiement par téléphone portable en Chine en 2016. Alipay et WeChat Pay détiennent à eux seuls 92 % du marché du paiement mobile.

Et entre les deux géants chinois, la guerre est sans merci. Distancé quelque peu par son concurrent, WeChat a réalisé un coup de maître. Juste avant le Nouvel An chinois 2014, le groupe a librement détourné la tradition pluriséculaire qui veut que durant cette fête la famille et les proches reçoivent en main propre des enveloppes rouges (hongbao) remplies de billets. Les consommateurs chinois ont ainsi pu envoyer leurs étrennes via leur téléphone portable. Durant le Nouvel An chinois 2016, WeChat a permis l’envoi de plus de 8 milliards d’enveloppes rouges virtuelles – soit 10 enveloppes en moyenne par utilisateur – contre 1 milliard en 2015 et seulement 16 millions en 2014.

S’étendre aux États-Unis et en Europe

Outre la Chine, les deux colosses comptent également étendre leur influence aux États-Unis et en Europe. En commençant par les touristes chinois, qui peuvent déjà régler leurs achats chez certains commerçants en France via leur portable depuis novembre 2016. Et ce grâce aux partenariats établis par Alipay, dont le producteur de logiciels et terminaux de paiement Ingenico ou les banques BNP Paribas et Edel. La France n’a d’ailleurs pas été choisie par hasard. Les touristes chinois (2,2 millions en 2015 et 1,6 million en 2016) y dépensent en moyenne 9 milliards d’euros par an, soit la moitié de ce qu’ils dépensent au total en Europe, d’après l’agence de développement touristique Atout France.

Même ambition aux États-Unis. En février 2017, WeChat Pay s’est associé à la start-up américaine Citcon pour l’implanter dans 200 emplacements, dont le Caesars Palace de Las Vegas. En mai, Alipay a officialisé son partenariat avec First Data Corp, un processeur de paiement coté à New York. Alipay pourra être ainsi utilisé dans 500 000 magasins à travers les États-Unis puis à terme, dans 4 millions de boutiques.

L’avenir du paiement mobile reste promis à un avenir radieux, malgré une certaine défiance dans le pays. « J’ai peur des problèmes de sécurité, de piratage de mon compte bancaire. Il y a des arnaques », admet Wang Xiaofeng. Le désamour des Chinois pour leur smartphone ne semble toujours pas entamé, même si Alipay et WeChat Pay commencent à rendre leurs services payants et à instaurer une limite aux transferts d’argent (130 euros pour WeChat et 2 700 euros pour Alipay), au-delà de laquelle les usagers devront payer une commission. Et de cette guerre numérique, on ignore encore si WeChat pourra en sortir vainqueur, sachant que le groupe a annoncé en septembre vouloir partager les données personnelles de ses utilisateurs avec le gouvernement chinois.

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LA CHINE TISSE LES FILS DE SES NOUVELLES ROUTES DE LA SOIE

Restaurer la route de la Soie. Tel est l’objectif souhaité par la Chine qui a organisé, les 14 et 15 mai, un premier Sommet consacré au projet « Belt and Road » ou OBOR (One Belt, One Road), réunissant à Pékin une centaine de représentants de pays. Lancée par le président chinois Xi Jingping à l’automne 2013, au moment de sa prise de pouvoir, cette initiative a pour objectif de ressusciter l’antique route de la Soie, un immense réseau de voies terrestres et maritimes, qui permettait jadis à l’Empire du Milieu de faire du commerce avec l’Europe via l’Asie centrale. La seconde puissance économique mondiale souhaite ainsi développer plus avant les activités commerciales et les relations entre l’Eurasie et l’Afrique par la construction ou la modernisation de l’ensemble des infrastructures d’énergie et de transport.

Un projet titanesque

L’entreprise se révèle titanesque. Plus de 68 pays comprenant 4,4 milliards d’habitants et représentant jusqu’à 40 % du PIB mondial sont en effet concernés. Par ailleurs, près de 1 000 milliards de dollars d’investissements sont déjà promis par des fonds asiatiques, tels que l’AIIB (Asian Infrastructure Investment Bank), pour financer des projets autoroutiers, ferroviaires, énergétiques et portuaires, dont la construction d’une ligne ferroviaire reliant Londres à l’est de la Chine ou d’une route maritime connectant l’Asie du Sud-Est à l’Afrique du Nord. La Chine a, quant à elle, mis à disposition 40 milliards de dollars de capital initial via son fonds souverain « Silk Road Fund », auxquels devrait s’ajouter un complément d’environ 15 milliards de dollars, comme l’a annoncé le président Xi lors du Sommet.

Des risques géopolitiques et économiques

Outre des contours qui restent encore à définir et des bénéfices des plus incertains, l’initiative présente également des risques. Selon un rapport publié le 10 avril 2017 par l’Académie chinoise des Sciences sociales (CASS) et l’agence de notation « China Bond rating », le développement de l’OBOR est notamment influencé par le contexte géopolitique. En effet, des troubles liés au terrorisme, à la corruption et aux mouvements indépendantistes constituent des menaces aux activités de l’OBOR. Par ailleurs, la réalisation du projet dépend de l’application des bonnes pratiques de gouvernance dans les pays traversés par les infrastructures de l’OBOR. Les experts de la CASS craignent enfin que les tendances protectionnistes aux États-Unis et en Europe ne touchent d’autres parties du monde et fragilisent l’ensemble du projet.

Dans son rapport de janvier 2017, l’agence de notation Fitch met, elle, en garde sur les risques éventuels du financement des projets de l’OBOR sur les banques chinoises. De plus, si elle reconnaît que ces derniers permettront d’améliorer et de moderniser les infrastructures dans les différents pays d’Asie impliqués dans l’OBOR grâce au financement et à l’expertise technique de la Chine, l’agence émet des réserves sur la capacité des entreprises chinoises à s’adapter et à opérer dans les pays concernés. Pour réduire ces risques, Fitch préconise une plus grande participation de l’UE dans l’initiative afin de rassurer la communauté internationale sur la logique commerciale des projets de l’OBOR.

Autant de réflexions que soulèveront Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre et représentant de la France au Sommet international sur les « nouvelles routes de la Soie » de Pékin, ainsi que plusieurs experts, lors d’une réunion de décryptage de l’OBOR, qui se déroulera le 12 juin 2017, de 8h30 à 10h30, dans les locaux du MEDEF à Paris.

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