Camille Verchery, interviewé dans la revue Classe Export

La Chine change mais les principes du business restent les mêmes

Face à face : chasseur de tête versus développeur industriel. Dans les deux cas, apprendre à comprendre de l’intérieur, savoir jouer sur les relations!

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Camille Verchery, fondateur de VVR international, donne son avis en tant que developpeur industriel. Il estime que le management chinois se fait à l’espoir, ce qui, traduit en action, donnerait : « suive-moi, on va devenir premiers! ». Camille Verchery assiste depuis 15 ans les industriels dans la sécurisation et la pérennisation de leurs projets en Chine.

Avec son équipe de 80 collaborateurs localisés dans les trois grandes zone industrielle de Chine et forte de quelques 600 projet, VVR International est reconnu comme une référence incontournable. Achats, qualité, logistique, gestion des distributeurs, certification, montée en puissance des sous-traitants, juridiques, sont des sujets qui font partie de leurs préoccupations quotidiennes.

« Il y a de l’argent en Chine, les niveaux d’exigence augmentent. Il y a une multitude d’experts. Le collaborateur efficace, sur lequel on pourra s’appuyer, est celui qui sait cibler le bon secteur, la taille d’entreprise adequate, vérifier la qualité de la production, évaluer la pertinence des outils, et qui pratique le « Guanxi », surtout pour les relations commerciales. Inutile de relever que l’entreprise qui s’installe en Chine devra avoir la capacité à mettre en place des modèles d’incentive, qui feront sortir du lot les personnes clés. Il se peut aussi que les Chinois qu’on aura fait monter en puissance n’aient plus envie de rester sous contrôle européen. Ils chercheront alors à quitter l’entreprise parce que leurs personnalités ne sont plus compatibles avec le fait d’être dirigé par des français ».

« Cela fait 15 ans que je gère des partenariats industriels, des fournisseurs chinois. C’est ce qui me fait rentrer dans leur problématique et j’ajoute qu’il faut parler chinois très librement pour pouvoir participer aux discussions comme les autres chinois. Je gère cette année une dizaine de projet d’acquisitions dans des secteurs aussi différents que l’automobile, la pharmacie, la cosmétique, le secteur high-tech, l’équipement. »

« Notre chance est de venir du monde de l’industrie et d’être sur place, sinon on ne pourrait pas faire de partenariats avec les industriels chinois ».

Cela se fait bien sûr par réseautage mais il y a tant d’acteurs qu’on doit procéder systématiquement par secteur, là où les gens parlent le même langage et peuvent créer une synergie clientèle. Et surtout il faut pour que le projet d’acquisition réussisse, un responsable qui apporte son regard des experts et surtout ce qu’un expert métier industriel formé à l’européenne, ne verra pas.

Nicole Hoffmeister
Classe Export, octobre-novembre 2015

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